À Mananjary, au sud-est de Madagascar, les Antambahoakas – l’un des 18 groupes ethniques du pays – font face au Fady Kambana, un interdit lié à la naissance de jumeaux et jumelles. Dans cette culture, les jumeaux étaient autrefois considérés comme un déséquilibre de l’ordre ancestral et pouvaient être abandonnés ou assassinés pour protéger la communauté. Aujourd’hui, ces pratiques évoluent : les enfants sont davantage confiés à des structures d’accueil comme des orphelinats.
Certaines familles s’y opposent malgré l’isolement social. Le fady reste toutefois complexe, car la précarité matérielle, installée depuis plusieurs décennies, tend à remplacer le fait strictement historique. Ces tensions montrent une société en transformation entre héritage culturel et changements contemporains.
Je m’appelle Louise Canguilhem, je suis née en 1992 dans les Pyrénées-Orientales, à Céret. J’entame après le bac une licence de cinéma à Montpellier, pour la poursuivre à Lyon, où je suivrais le cursus bi-
disciplinaire Photographie et Cinéma durant deux ans. Je découvre alors la photographie argentique, la chambre noire, le papier baryté et la galerie du Réverbère. Un monde à part. J’y découvrirai aussi le
cinéma documentaire, entre les deux mon coeur balance. Je poursuis finalement mes études de cinéma à Montréal, Perpignan, Singapour, puis
Paris, toujours mon appareil photo en poche, argentique ou numérique.
Une vie en mouvement pour enfin poser mes bagages à Paris afin de travailler dans l’industrie du cinéma pendant plusieurs années. Durant ce
temps, je délaisse parfois mon appareil, mais je questionne et nourris sans cesse mon rapport à l’image.






