Enfant, Masoumeh Bahrami fut profondément marquée par la présence d’un flamant rose naturalisé rapporté par son oncle chasseur. Son regard figé et son immobilité sont restés gravés dans sa mémoire et sont devenus, avec le temps, le symbole d’un territoire qui disparaît lentement. Masoumeh a grandi près de la mer Caspienne, au nord de l’Iran, une région aujourd’hui fortement touchée par les changements climatiques, la baisse du niveau de la mer, la sécheresse, la surexploitation des ressources et la pollution.
Depuis 2016, elle photographie ce paysage fragile, notamment la zone humide de Miankaleh, réserve de biosphère de l’UNESCO, l’un des écosystèmes les plus vulnérables de la région. Dans ce projet au long cours, la photographe documente les transformations d’un environnement en danger, tout en explorant les liens entre mémoire, identité et sentiment d’appartenance. Ce travail est une tentative de témoigner d’une disparition progressive d’un territoire et d’une mémoire qui s’efface avec lui.
Masoumeh Bahrami est une artiste et photographe iranienne, née près de la mer Caspienne, dans le nord de l’Iran. Sa passion pour la photographie a commencé à l’adolescence, lorsque sa mère lui a offert un appareil photo en cadeau après un pèlerinage à La Mecque — un moment fondateur
qui a éveillé en elle un engagement profond envers la narration visuelle.
Après avoir suivi plusieurs formations en photographie, elle a débuté sa carrière professionnelle en 2016 dans la presse. Elle a ensuite choisi de se tourner vers des projets personnels afin d’explorer sa propre vision artistique.
Son travail s’inscrit dans une recherche à long terme sur le genre, la mémoire et les transformations
environnementales, à la croisée de l’histoire personnelle et des traumatismes collectifs.






