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Terres de Jemmapes : un coin de verdure en plein cœur de Paris

Depuis l’été 2023, la cour de l’espace Jemmapes s’est peu à peu transformée en jardin. Baptisé “Terres de Jemmapes : les jolies pousses du Canal”, ce lieu de détente, ouvert à toutes et à tous, héberge un grand nombre de végétaux initialement destinés à l'abandon. Il est également un refuge labellisé “Ligue de la Protection des Oiseaux” (LPO), en offrant un abri à des espèces menacées à Paris.

Il fête ses deux ans cet été. Au départ modeste cour composée de quelques tables en bois, le jardin de l’espace Jemmapes a bien grandi. Entre 500 et 600 plantes, des rosiers aux jasmins, habitent désormais l’endroit où viennent se détendre les usagers et les salariés du centre. 

Tout commence par une initiative personnelle. “J’ai toujours beaucoup aimé les plantes”, explique Gunnel, secrétaire du bureau du CRL10. “Je passais régulièrement devant le rayon jardinage de Monsieur Bricolage, et, un jour, j’ai découvert qu’elles étaient jetées quand elles commençaient à dépérir. Je me suis dit  que ce n’était pas possible de ne rien faire.” Ainsi est née l’idée d’un “hôpital des plantes” : un espace dédié à la récupération et aux soins de ces végétaux abandonnés, afin de leur offrir une nouvelle vie.

Abeilles et rouge-gorges

Depuis un peu plus de six mois, notre jardin est également un refuge officiel “LPO”, qui accueille en plein cœur de Paris de nombreuses espèces d’oiseaux : pigeons, rouge-gorges, moineaux domestiques, mésanges bleues et charbonnières, et même quelques corbeaux. 

Partout dans le jardin, Gunnel a disposé des mangeoires, des abreuvoirs, des nichoirs et un bac pour les mottes de terre. Très vite, la vie s’est développée/multipliée : abeilles, bourdons, libellules, vers de terre, guêpes et papillons peuplent désormais ce petit oasis dont Gunnel, Emma et Julia prennent soin. Ces dernières, écovolontaires allemandes durant la saison 2024-2025, soulignent l’impact écologique de ce projet. Je pense que nos petits gestes sont importants, même si ce n’est pas évident de le réaliser, vu qu’il n’y a pas de grands changements immédiats”, affirme Emma. Pour moi, le contact avec la nature est primordial. C’est ainsi que les consciences se font petit à petit”, ajoute Julia. 

Enfin, pour Gunnel, sauver des plantes mal aimées et offrir un refuge aux oiseaux en pleine ville sont des moyens essentiels d’agir contre “la crise du sensible”. Parce qu’il ne s’agit pas seulement de réfléchir, mais aussi de ressentir. “La capacité à changer la vie ne doit pas seulement être rationnelle et intellectuelle, elle doit être aussi sensible. Ici, chaque oiseau qui vient, chaque fleur sauvée est une petite victoire contre l’indifférence”.